
Brick Hydro
Trois barrages de l'Isère reconstitués en briques, pour que des familles comprennent d'un regard le chemin qui va de la rivière à la prise de courant.
23 089pièces
- Client
- EDF & Maison Bergès
- Secteur
- Musée · Patrimoine technique
- Exposition
- Maison Bergès, Villard-Bonnot (38)
- Date
- 19 septembre 2025 – 20 septembre 2026
- Aujourd'hui
- Bureaux du pôle EDF Hydro, Saint-Martin-le-Vinoux (38)
- Pièces
- 23 089 au total
- Le Sautet
- 9 206 pièces · 52,6 × 52 × 52,2 cm
- Monteynard
- 8 862 pièces · 52,9 × 52,7 × 39,5 cm
- Grand'Maison
- 5 021 pièces · 52,3 × 51,2 × 35 cm
- Réalisation
- En atelier
- Échelle
- Minifigurine
Rendre visible ce que personne ne voit jamais.
Une exposition sur l'hydroélectricité se heurte toujours au même obstacle : le sujet est invisible. L'eau descend, quelque chose se produit, l'électricité arrive. Entre les deux, un barrage, une conduite, une turbine — des objets que le public ne voit jamais, et dont les schémas ne disent rien à une famille venue passer un dimanche.
EDF et la Maison Bergès, musée de la Houille blanche, voulaient une exposition où l'on entre sans rien savoir : les enfants s'y intéressent d'eux-mêmes, les parents comprennent en même temps qu'eux.
La brique s'est imposée pour une raison simple : elle donne envie d'approcher. On s'arrête devant une maquette parce qu'elle est faite d'une matière que l'on connaît depuis l'enfance, et l'on reste parce qu'on finit par y lire quelque chose.
Trois barrages, trois manières de retenir une vallée.
Nous avons reconstitué trois ouvrages de l'Isère que rien ne rapproche. Le Sautet et Monteynard retiennent pourtant la même rivière, le Drac : le premier est encastré dans une gorge si étroite qu'on le découvre d'un coup, avec son pont et son bâtiment accrochés en haut de la falaise ; le second se regarde par l'aval, large et courbe, creusé d'un escalier qui descend toute la hauteur du mur. Grand'Maison, sur l'Eau d'Olle, affluent de la Romanche, n'est pas un mur du tout : c'est un flanc de montagne entier, barré de nervures blanches qui filent jusqu'au pied.
Côte à côte, ces trois ouvrages disent ce qu'aucun texte n'explique aussi vite : il n'y a pas une façon de retenir l'eau, il y en a autant que de vallées.
Le relief compte autant que l'ouvrage. Un barrage seul ne veut rien dire : c'est la gorge qui lui donne son sens, la roche qui le tient, l'eau retenue d'un côté et le vide de l'autre. Chaque maquette porte donc son paysage, et l'on comprend d'un regard pourquoi l'ouvrage a cette forme-là à cet endroit-là.
L'échelle est celle de la minifigurine, et ce choix n'est pas décoratif : il donne au visiteur sa mesure. Devant une maquette abstraite, rien ne dit si l'on regarde dix mètres ou deux cents ; devant une silhouette que l'on reconnaît, la hauteur du mur devient immédiatement lisible, et les enfants sont les premiers à faire le calcul. C'est elle aussi qui permet au paysage d'entrer dans la vitrine avec l'ouvrage : assez grande pour que la roche garde son relief et que les détails tiennent — une passerelle, un escalier, une vanne —, assez petite pour qu'un barrage et sa vallée tiennent ensemble dans un carré de cinquante centimètres.






Une exposition d'un an, puis une seconde vie dans les bureaux.
Les trois barrages ont été présentés au public à la Maison Bergès, à Villard-Bonnot, du 19 septembre 2025 au 20 septembre 2026. Une exposition sur l'énergie se visite souvent en diagonale ; celle-ci retenait, parce qu'il y avait quelque chose à regarder avant d'avoir quelque chose à comprendre. Depuis, les trois maquettes ont rejoint les bureaux du pôle EDF Hydro, à Saint-Martin-le-Vinoux, où elles servent cette fois auprès de ceux qui exercent le métier.
Vous avez un sujet qui ne se voit pas.
Un procédé, un ouvrage, une installation que vos visiteurs ne peuvent pas approcher. Décrivez-le en trois lignes.




